« Il nous faut des caméras » : c’est souvent la première idée après un cambriolage, une tentative d’effraction ou une série de petits vols. Pourtant, selon le lieu et le risque, une alarme peut être plus utile, ou les deux ensemble. Les deux équipements ne font pas le même travail. Voici comment choisir pour un commerce, un bureau, un cabinet ou une école.
Ce que fait une caméra, ce que fait une alarme
Une caméra enregistre. Elle permet de voir ce qui s’est passé, de retrouver un moment précis, parfois de dissuader. Mais seule, elle ne prévient personne : si personne ne regarde les images en direct, l’intrusion est découverte le lendemain.
Une alarme détecte et prévient. Des détecteurs repèrent une ouverture de porte ou un mouvement dans un local vide ; la sirène se déclenche et les personnes désignées reçoivent une alerte sur leur téléphone. En revanche, une alarme classique n’enregistre pas d’images.
Autrement dit : la caméra répond à la question « qu’est-ce qui s’est passé ? », l’alarme à la question « est-ce qu’il se passe quelque chose maintenant ? ».
Quand une alarme suffit
Une alarme est souvent le bon premier équipement quand :
- le local est vide la nuit et le week-end : bureau, cabinet, réserve, commerce fermé ;
- le risque principal est l’effraction, pas les incidents en journée ;
- vous voulez être prévenu tout de suite, plutôt que de découvrir le problème le matin ;
- le budget est limité : quelques détecteurs bien placés couvrent les accès principaux.
Elle se gère simplement : un code ou un badge par personne, retiré quand quelqu’un quitte l’équipe.
Quand il faut des caméras
Les caméras deviennent utiles quand :
- il y a du passage en journée : clients, visiteurs, livreurs, parents d’élèves ;
- vous avez besoin de retrouver un événement : un litige, un véhicule abîmé au parking, un objet disparu ;
- il s’agit de parties communes à surveiller en continu : entrées, halls, parkings d’une résidence ;
- les accès sont nombreux et ne peuvent pas tous être fermés la nuit.
Elles demandent en revanche plus de formalités, comme on le verra plus bas.
Les deux ensemble : vérifier une alerte à distance
Le couplage des deux est souvent la solution la plus confortable. Quand l’alarme se déclenche, la personne prévenue ouvre l’application des caméras et voit tout de suite s’il s’agit d’une vraie intrusion, d’un employé qui a oublié son code ou d’un chat dans la réserve. On évite ainsi les déplacements inutiles, et l’on sait quoi dire si l’on doit appeler la police.
Pour un commerce ou une école, une combinaison fréquente est : des caméras aux entrées et au parking, et une alarme sur les accès et les pièces sensibles, active en dehors des heures d’ouverture.
Le cas des résidences
Dans une résidence, l’alarme est rarement adaptée aux parties communes : le passage y est permanent, de jour comme de nuit, et une sirène se déclencherait sans cesse. Ce sont les caméras aux entrées, dans les halls et au parking, avec un contrôle d’accès par badges, qui répondent au besoin. Une alarme peut en revanche protéger un local technique, une salle de sport ou un local de rangement fermés la nuit.
Les règles à connaître
Pour les caméras, les règles sont précises. Au Maroc, les images filmées sont des données personnelles au sens de la loi 09-08. La délibération n° 350-2013 de la CNDP demande, pour les lieux de travail et les lieux privés communs :
- une déclaration préalable à la CNDP, avant la mise en service ;
- des caméras placées pour la sécurité des biens et des personnes, jamais là où elles portent atteinte à la vie privée : toilettes, zones de pause, salles de réunion, lieux de culte ou locaux syndicaux, ni pour surveiller un employé ;
- un panneau d’information à l’entrée ;
- une conservation de trois mois au maximum.
Pour l’alarme, les points d’attention sont surtout pratiques :
- qui reçoit les alertes, et qui se déplace la nuit ;
- qui connaît les codes, et comment on les retire ;
- ce qui se passe en cas de coupure de courant ou d’internet, à vérifier avec l’installateur.
Si votre alarme intègre des caméras ou des détecteurs qui prennent des photos, elle filme : les règles des caméras s’appliquent alors aussi.
Les questions à se poser avant de choisir
- Le risque principal se situe-t-il la nuit, ou en journée ?
- Faut-il être prévenu immédiatement, ou surtout pouvoir revoir ce qui s’est passé ?
- Combien d’accès faut-il protéger : portes, fenêtres, parking ?
- Qui recevra les alertes, et qui pourra regarder les images ?
- Les caméras envisagées sont-elles placées dans le respect des règles de la CNDP ?
- Le budget permet-il de tout faire en une fois, ou faut-il commencer par l’essentiel ?
Une visite des lieux permet de répondre à ces questions en une heure et d’éviter de payer pour un équipement qui ne correspond pas au risque.
Pour aller plus loin : notre alarme anti-intrusion, notre offre vidéosurveillance et contrôle d’accès, et nos pages PME et commerces et écoles privées. Si vous avez déjà des caméras, le diagnostic CNDP en 2 minutes vous aide à vérifier l’essentiel.
Sources
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une alarme et des caméras ?
Une caméra enregistre ce qui se passe ; une alarme détecte une intrusion et prévient tout de suite les personnes désignées.
Une alarme doit-elle être déclarée à la CNDP ?
Les règles de la délibération n° 350-2013 portent sur la vidéosurveillance. Si l’alarme intègre des caméras ou des détecteurs qui prennent des photos, elle filme : ces règles s’appliquent alors aussi.
Peut-on coupler une alarme et des caméras ?
Oui. Quand l’alarme se déclenche, les caméras permettent de vérifier à distance s’il s’agit d’une vraie intrusion avant de se déplacer.